
X a perdu son statut de centre de gravité du débat public en Belgique au niveau fédéral. C’est le constat principal de l’étude que j’ai menée ce 10 mai sur un échantillon de 223 politiques belges. Entre comptes fantômes et désertions massives, 90% des effectifs du gouvernement Arizona, de la Chambre et du Sénat sont désormais inaudibles sur l’ex-Twitter.
Seuls 10,3% des politiques belges ont publié sur X (ex-Twitter) au cours des 30 derniers jours. 44,4% n’y sont plus actifs mais y maintiennent un compte. Et 45,3% n’y ont pas/plus de présence du tout.
Autrement dit, sur un échantillon de 223 profils identifiés (membres du gouvernement fédéral, députés et sénateurs), seuls 23 comptes ont publié au moins un message sur l’ex-Twitter au cours des 30 derniers jours.
Voilà ce qui ressort de l’étude que j’ai réalisée ce 10 mai, sur base de données collectées par W Social* via Wikidata et l’interface de programmation (API) du réseau social contrôlé depuis fin octobre 2022 par Elon Musk.
En élargissant le critère de mesure à 90 jours, le taux d’activité monte à 22,9% (51 profils). Ce chiffre confirme toutefois que plus de la moitié des comptes officiels considérés comme « actifs » par la plateforme n’ont produit aucune interaction au cours du dernier mois.
Paliers d’activité sur X
Toutefois, cette tendance varie fortement selon les institutions. Si le gouvernement fédéral affiche un taux de maintien de 77% (10 comptes) sur une période de 3 mois, la Chambre des Représentants et le Sénat enregistrent un abandon quasi généralisé.
Pour les parlementaires, le statut « Pas sur X » ou « Précédemment sur X » est désormais la norme pour près de 90% de l’effectif.
On notera au passage que sur les 10 comptes politiques les plus dotés en followers sur X, dont les scientifiques ont montré le biais idéologique, 5 appartiennent à des membres de la N-VA.
Tableau 1 : Top 10 des personnalités politiques belges par audience sur X

La Belgique en retrait du reste de l’Europe
À l’échelle continentale, la moyenne de présence active des politiques sur X s’établit à 30,5 %. La Belgique se positionne nettement sous cette moyenne, contrastant avec des pays comme la France.
La France reste en effet très attachée à la plateforme avec 59,2% de présence politique active sur X. Elle est suivie par les Pays-Bas (57,4 %) et l’Irlande (56,7 %).
À l’autre extrémité, des pays comme la Bulgarie (3,8%) ou Malte (0%) semblent avoir déjà acté la mort de X dans leur paysage politique.
Tableau 2 : Classement européen du taux d’activité politique sur X (mai 2026)

Recul généralisé
Pour rappel, comme je l’avais indiqué récemment à l’agence de presse Belga sur base de déclarations de transparence envoyée à la Commission européenne dans le cadre du « Digital Services Act » (DSA), le réseau social qui a fêté cette année ses 20 ans comptait 1.691.159 utilisateurs actifs mensuels en Belgique fin décembre 2025, soit 162.505 de moins qu’à la fin juin (-8,8%).
À son apogée, la plateforme avait avoisiné 2,3 millions d’utilisateurs actifs dans le pays.
Dans l’ensemble de l’Europe, X a perdu environ 15% de ses utilisateurs actifs en 2025, pour s’établir à 64,77 millions d’usagers mensuels à la fin de l’année dernière.
La baisse apparaissait toutefois plus limitée dans plusieurs pays. En France, par exemple, X a perdu 12,5% de ses usagers mensuels sur la même période, pour retomber à 12.271.889 utilisateurs, tandis qu’en Allemagne, le recul a atteint 16,6%.
Le constat est global, mais la chute belge est spécifique. Le divorce entre les élus et X semble consommé. Et ouvre la voie à une redéfinition totale de l’influence numérique des politiques en Belgique ?
Xavier Degraux ► Stratège Communication Corporate ► Expert LinkedIn™, Employee Advocacy, Thought Leadership & Social Selling ► Je transforme Marques, ComEx & Dirigeants en Médias (Autorité) ► Data-Driven & IA ► Ex-Journaliste Éco
*Méthodologie
Les données de W Social reposent sur le suivi de 10.193 voix publiques à travers 44 pays européens. Les données proviennent d’une extraction croisée entre Wikidata et des recherches automatisées via l’API de X. Chaque profil est soumis à un score de confiance (0-100) basé sur le fuzzy matching des noms, l’analyse des biographies et les badges de vérification. Les comptes sont classés selon trois statuts : On X (activité < 90 jours), Previously on X (inactivité ou suppression) et Not on X (absence de compte). Les données utilisées ont été générées le 9 mai 2026. Je les ai traitées les 9 et 10 mai 2026.

