
En Flandre, depuis 2017, le taux de pénétration de LinkedIn stagne autour des 20%. C’est ce que nous apprennent les données de l’imec.digimeter 2025. Qui nous permettent par ailleurs de dresser le portrait évolutif et nuancé des utilisateurs flamands du réseau social professionnel selon l’âge, le revenu et le profil digital.
En 2017, 21% des Flamands de plus de 18 ans utilisait LinkedIn au moins une fois par mois. Huit ans plus tard, ce chiffre culmine à 19%, après avoir atteint un pic de 24% en 2021, alors que Facebook est passé de 71 à 67%, Instagram de 30 à 51%, TikTok de 3 à 17% et X (ex-Twitter) de 18 à 9%,
Le réseau professionnel est l’un des rares médias sociaux (avec Pinterest, toujours à 21%) dont l’usage n’a quasiment pas évolué ces 8 dernières années en Flandre.
C’est ce que révèle l’imec.digimeter 2025, le baromètre annuel du numérique en Flandre, dont nous avons explorée les données brutes, comme pour 2024, pour 2023…
Pic pandémique, normalisation post-Covid
La trajectoire de LinkedIn en Flandre suit un arc familier dans le paysage des médias sociaux : une montée régulière jusqu’en 2021, portée en partie par la numérisation accélérée liée au Covid-19, puis une lente mais constante contraction depuis 2022.
La chute de 2022 de LinkedIn en Flandre (de 24% à 18%) mérite attention. Elle coïncide avec le retour progressif au travail en présentiel et une forme de « fatigue des plateformes » documentée pour l’ensemble des médias sociaux cette année-là. Le rebond de 2023 (21%) s’est maintenu en 2024 avant de retomber légèrement en 2025.
Le profil d’âge : la prime au cœur des carrières
Le tableau par tranches d’âge est plus instructif. LinkedIn n’est pas un réseau de jeunes ? Les 25–54 ans en sont les utilisateurs structurellement les plus fidèles, avec des taux d’adoption entre 24 et 39% selon les années.
Plus spécifiquement, les 18–24 ans restent marginaux (17%, comme en 2017) en usage mensuel, et à peine 3% l’utilisent quotidiennement (contre 54% pour TikTok dans ce même groupe d’âge).
Le taux de pénétration des 25-34 ans, lui, est resté le plus élevé de tous les segments ces dernières années, malgré une chute de 39% (en 2019) à 31% fin 2025.
Les 35–44 ans, qui étaient les plus gros utilisateurs de LinkedIn en 2017 (39%), n’étaient plus représenté qu’à 29% à fin 2025, soit une chute de dix points en huit ans. Le plafond de verre est là.
Fréquences d’usage limitées
Au-delà de l’usage mensuel, le rapport détaille aussi la fréquence d’utilisation. En 2025, seulement 4% des Flamands utilisent LinkedIn quotidiennement (contre 4% en 2017).
Un chiffre à la hauteur de celui de Pinterest (4%) et de X (3%), mais qui contraste avec les 50% pour Facebook, les 38% pour Instagram ou les 15% pour TikTok.
LinkedIn reste un réseau de consultation ponctuelle, pas d’addiction quotidienne.
LinkedIn, réseau des diplômés
La corrélation avec le niveau de revenu est frappante également.
Quelque 30% des Flamands à revenu élevé utilisent LinkedIn mensuellement, contre seulement 14% pour les revenus faibles. C’est un écart de plus de deux à un, bien plus marqué que pour Facebook (67% vs 64%) ou Instagram (52% vs 45%).
LinkedIn reste structurellement un réseau de cols blancs et de travailleurs qualifiés. C’est un club privé, pas une place de marché publique
Cette corrélation se retrouve également dans la fréquence : les utilisateurs à revenu élevé sont presque trois fois plus susceptibles d’utiliser LinkedIn quotidiennement (7% vs 2%) et près de trois fois plus souvent au moins à un rythme hebdomadaire (21% vs 8%).
Le faux paradoxe des « amoureux de la tech »
Le précieux rapport Digimeter, qu’on aimerait inspirant pour les autorités bruxelloises et wallonnes, segmente par ailleurs les répondants selon leur rapport à la technologie, en cinq profils.
Curieusement, ce n’est pas le profil « passionné » qui enregistre le taux LinkedIn le plus élevé, mais le profil « relation amour-haine » (34% d’usage mensuel), suivi des « passionnés » (25%). Les Flamands utilisent LinkedIn par obligation professionnelle, pas par plaisir.
Les profils plus distants technologiquement chutent rapidement : 17% pour la « relation platonique », 10% pour la « relation LAT » (comprenez « Living Apart Together ») et seulement 2% pour ceux qui n’entretiennent aucune relation avec le numérique.
Ce résultat suggère que l’usage de LinkedIn est davantage lié au contexte professionnel et au niveau d’études qu’à l’enthousiasme technologique intrinsèque. Et quand on connait l’ergonomie de la plateforme, cela ne semble pas incohérent…
Un réseau mature, pas déclinant
La lecture d’ensemble des données Digimeter 2017–2025 livre un portrait de LinkedIn comme réseau mature et segmenté plutôt que déclinant. Ses 19% d’usage mensuel en 2025 le placent au quatrième rang des médias sociaux en Flandre, derrière Facebook (67%), Instagram (51%) et Pinterest (21%).
Mais à la différence de ces trois plateformes où l’audience est large et diffuse, LinkedIn concentre ses utilisateurs actifs dans des segments précis : travailleurs qualifiés, revenus élevés, 25–54 ans.
La légère érosion de 2025 (−2 points) n’est donc pas un signal d’alarme. Elle reflète plutôt la saturation d’un marché limité et une certaine lassitude post-Covid envers les plateformes numériques en général.
LinkedIn reste le seul réseau social professionnel sans concurrent sérieux en Flandre, mais son plafond de croissance semble atteint tant que son positionnement B2B et « cols blancs » ne change pas.
Puisque l’audience plafonne, la quantité de contenu ne sert plus à rien. Seule l’autorité (Thought Leadership) permet de sortir du lot dans un marché saturé.
Xavier Degraux ► Stratège LinkedIn™, Employee Advocacy & Social Selling ► Je transforme Marques, Comex & Dirigeants en Médias (Autorité) ► Thought Leadership Data-Driven & IA ► Ex-Journaliste Éco

