LinkedIn « Advice Sessions » : La tentative de hold-up de Microsoft sur le marché du conseil

LinkedIn ne veut plus seulement être votre carnet d’adresses et votre fil d’actualités. Avec le lancement des « Advice Sessions », la filiale de Microsoft installe un terminal de paiement directement sur le profil des consultants et des coachs. Décryptage, entre opportunité business et risque de dépendance accrue.

Envie de proposer ou d’acheter des sessions vidéo de conseils (« Advice sessions »)… directement dans LinkedIn, grâce à un terminal de paiement intégré ?

Encore un peu de patience. Mais cette nouvelle fonctionnalité va bel et bien être déployée dès ce mois de mai 2026 pour tou.te.s les abonné.e.s Premium de LinkedIn, en commençant par les États-Unis !

En « front desk », comme on le voit dans cette démo, le fonctionnement de ce bouton « Payer » sera très simple :

  • Vous allez sur le profil d’un membre
  • Vous cliquez sur « Obtenir mes conseils »
  • Vous choisissez un créneau dispo
  • Vous payez
  • Vous lancez l’appel vidéo directement depuis l’app LinkedIn au moment convenu

Le tunnel de vente sans friction

Pour nous, consultants et coachs, ces sessions de conseil constituent un saut dans l’inconnu. On ajoute une boutique à l’annuaire et au fil d’actualités.

LinkedIn n’est pas du tout la première plateforme à lancer ce genre de fonctionnalité. Mais la force de frappe de la filiale de Microsoft, qui compte 1,4 milliard de membres, dont un bon tiers d’actives/actifs, est tout autre…

Après l’annuaire, le réseautage, la publication de contenus et les interactions, LinkedIn, incroyable aspirateur à cash et à données, se (re)lance dans le commerce intégré.

Après avoir lancé une plateforme de mise en relations autour de services il y a de nombreuses années (sans réel succès), il s’immisce sur la pointe des pieds, au coeur des transactions commerciales des indépendants.

LinkedIn sait que la friction tue les R.O.I. Et qu’aujourd’hui, trop de monde se perd encore entre le message privé, Teams, le lien Calendly, la facture…

Ici, tout se règle en trois clics. On est dans le concret, dans l’efficace.

Le piège de la gratuité

L’annonce fait rêver : zéro commission (au départ en tout cas). C’est l’appât idéal. Mais ne vous leurrez pas. Si la filiale de Microsoft ne veut pas vos 10%, elle veut vous abonner, vos données, vos habitudes de vente et, surtout, que vous ne sortiez plus jamais de son écosystème. Et encore moins pour aller remplir les caisses de Calendly, Stripe, Intro, Sta, Kajabi…

En fait, on devient les locataires d’un géant. C’est ultra pratique, mais c’est un risque stratégique. Si l’algorithme tousse, votre magasin ferme.

Préparer le terrain en Belgique, en France…

On l’a dit : le déploiement démarre aux USA ce mois-ci. On a un peu de temps, en Belgique, en France et plus globalement en Europe, pour réfléchir à la question et, éventuellement, se préparer.

Ce bouton ne servira à rien si votre profil ressemble à un vieux CV poussiéreux. La technologie n’a jamais créé la confiance. Elle ne fait que l’encaisser. Si vos contenus ne prouvent pas que vous maîtrisez votre affaire au point de pouvoir conseiller vos cibles, personne ne sortira la carte de crédit.

LinkedIn offre stratégiquement le terminal de paiement. À nous de prouver qu’on a quelque chose à vendre…

Xavier Degraux ► Stratège Communication Corporate ► Expert LinkedIn™, Employee Advocacy, Thought Leadership & Social Selling ► Je transforme Marques, ComEx & Dirigeants en Médias (Autorité) ► Data-Driven & IA ► Ex-Journaliste Éco

Gratuit

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