
J’ai optimisé cet article avec l’IA.
Mis à jour le 25 septembre 2026
Le 27 janvier 2026, j’écrivais ici qu’aucun bouton ne permettait à une organisation de retirer de sa page LinkedIn quelqu’un qui prétend y travailler. Huit mois plus tard, ce bouton commence à être déployé. LinkedIn l’a annoncé le 23 septembre 2026 dans un article signé par Oscar Rodriguez, son vice-président produit, en même temps qu’une vérification des parcours professionnels par les pairs. Le problème que je décrivais en janvier change donc de nature. Il ne tient plus à l’absence d’outil. Il tient à la question de savoir qui, chez vous, a le mandat de s’en servir.

Ce que LinkedIn a annoncé le 23 septembre 2026
L’annonce compte trois volets, et ils n’en sont pas au même stade.
Le premier est disponible. Les administrateurs d’une page vérifiée retirent désormais directement les comptes qui se déclarent à tort salariés de leur organisation, afin qu’ils n’apparaissent plus dans les résultats de recherche sous son nom. Selon les précisions données par LinkedIn à TechCrunch, le profil du membre n’est pas modifié, mais le lien cliquable vers la page disparaît et l’expérience ne s’affiche plus comme vérifiée. L’option s’intitule « Mark this member employment as inaccurate ». LinkedIn parle d’un emploi inexact, et le même bouton vaut donc pour un imposteur comme pour un ancien salarié qui n’a jamais mis son profil à jour.
Le deuxième est un pilote, mené avec une sélection d’entreprises : exiger une vérification du lieu de travail de toute personne qui veut s’associer à la page comme salariée actuelle. Oscar Rodriguez a précisé à TechCrunch que ce dispositif vise les salariés à temps plein, et que les prestataires et les travailleurs de terrain disposeront d’autres moyens de prouver leur lien avec l’employeur. Lesquels, LinkedIn ne le dit pas encore.
Le troisième est un test. LinkedIn demande à des membres vérifiés de confirmer l’expérience professionnelle ou le parcours d’études des relations avec qui ils ont travaillé ou étudié. Au-delà d’un certain nombre de confirmations, un badge apparaît sur le profil, et son titulaire a la possibilité de le masquer. Dans les prochains mois, chacun aura aussi la possibilité de solliciter ces confirmations auprès de son réseau.
LinkedIn revendique plus de 115 millions de membres vérifiés et 75 nouvelles vérifications par minute. Oscar Rodriguez a ajouté à TechCrunch le chiffre de plus de 700.000 entreprises vérifiées.
Ce que l’annonce ne dit pas
Plusieurs points restent sans réponse à ce jour, et ils comptent pour une organisation. LinkedIn ne dit pas si le membre retiré d’une page en est averti, ni s’il dispose d’un recours. Il ne dit pas combien de confirmations déclenchent le badge. Il ne dit pas dans quels pays le test de vérification par les pairs est ouvert, et rien n’indique à ce stade que la Belgique en fasse partie.
Une partie de ce qui circule depuis deux jours vient par ailleurs de l’interview accordée à TechCrunch, et non de l’annonce elle-même. C’est le cas de la double authentification et de l’obligation, pour celui qui confirme, d’être connecté à la personne depuis au moins un an, ainsi que de la restriction du pilote aux salariés à temps plein.
Qui décide, chez vous, qu’un profil est un imposteur ?
Techniquement, retirer un compte de votre page prend un clic. La décision, elle, est plus lourde qu’elle en a l’air, parce que la liste des personnes qui se réclament de votre organisation mélange des situations que l’administrateur de la page n’a aucun moyen de trier seul :
- un salarié parti il y a deux ans, qui n’a jamais mis son profil à jour,
- un intérimaire ou un freelance présent dans vos murs depuis des mois,
- le consultant d’une agence qui travaille sur vos comptes,
- le salarié d’une filiale rattachée à la page du groupe,
- et, quelque part dans la liste, un compte créé pour se faire passer pour l’un de vos recruteurs ou de vos responsables financiers.
Le pilote de LinkedIn vise les salariés à temps plein. Tous les autres profils de cette liste se trouvent donc dans une zone que la plateforme n’a pas encore réglée, et que votre organisation règle, qu’elle le veuille ou non, chaque fois que quelqu’un clique.
Un pouvoir de retrait sans règle écrite finit par être exercé par la personne qui a les accès administrateur, c’est-à-dire souvent la moins mandatée pour trancher. Quand les droits d’administration d’une page sont répartis entre la communication, les RH, une agence et un ancien stagiaire dont personne n’a retiré l’accès, la question change de nature. Avant le 23 septembre, cette dispersion posait un problème de sécurité. Depuis, elle pose aussi un problème de légitimité. Retirer à tort l’ancien salarié d’un client ou le consultant d’un partenaire revient à prendre une décision au nom de l’organisation sans en avoir reçu le mandat.
La réponse tient en quelques lignes, à condition de les écrire. Qui constate qu’un profil pose question. Qui vérifie auprès des RH ou du service juridique. Qui décide du retrait. Et où la décision est consignée, pour la justifier si la personne conteste. À mes yeux, cette règle a sa place dans la charte de gouvernance de la page, à côté de la liste des administrateurs et de leurs rôles.
Le prix d’entrée : une page vérifiée
Le retrait direct est réservé aux pages vérifiées. En octobre 2025, j’expliquais ici que LinkedIn réservait désormais la vérification des pages à son offre Premium. La page d’aide de LinkedIn, citée par Social Media Today, évoque de son côté plusieurs facteurs d’éligibilité, dont une activité régulière de la page et une relation commerciale établie avec la plateforme. Je n’ai pas encore établi si l’abonnement reste la seule porte d’entrée en septembre 2026.
La conséquence dépasse le prix. Une page vérifiée permet aux salariés de confirmer leur lieu de travail avec leur adresse e-mail professionnelle. Ces salariés deviennent des membres vérifiés, donc éligibles pour confirmer le parcours de leurs collègues. Une organisation sans badge reste en dehors de toute cette mécanique : elle n’a ni l’outil de retrait ni la boucle de preuve que forment ses propres équipes.
Pour un SPF, une commune ou une ASBL, se protéger de l’usurpation passe donc, en pratique, par un abonnement ou une relation commerciale avec LinkedIn. C’est une question de marché public autant que de communication.
La vérification par les pairs ne règle pas tout

La confirmation par les anciens collègues ouvre une voie à ceux qui ne veulent pas, ou ne parviennent pas, à se vérifier avec une pièce d’identité, par exemple quand leur nom d’usage professionnel diffère de celui du document. En dehors de l’Amérique du Nord, cette vérification d’identité est confiée au prestataire Persona. En février 2026, Persona a été mis en cause par un chercheur en sécurité sur l’étendue des données collectées à partir des documents d’identité. Son dirigeant a démenti tout usage autre que la vérification et affirmé que les données biométriques sont supprimées immédiatement, les autres sous 30 jours.
Cette voie a toutefois une condition : ceux qui confirment doivent eux-mêmes être vérifiés. Un indépendant ou le salarié d’une petite structure sans page vérifiée dépend donc de la vérification de ses anciens collègues, et non plus de la sienne.
Le badge obtenu par les pairs est par ailleurs masquable. Son absence sur un profil ne prouve donc rien. J’écrivais en janvier que l’absence de badge deviendrait un signal d’alerte pour les tiers, et ce raisonnement tient moins bien aujourd’hui.
Quant aux bénéfices de la vérification, LinkedIn en donne deux versions le même jour. Dans son article, Oscar Rodriguez annonce 50% d’engagement en plus sur les publications et près de 90% de vues de profil en plus pour les membres vérifiés. Dans son interview à TechCrunch, il parle de 50% de vues de publications en plus et de 90% d’impressions en plus. Aucune des deux versions n’est accompagnée d’une méthode ni d’une période. Ces chiffres ne permettent pas de conclure que la vérification cause cet écart : rien n’exclut que les membres qui se vérifient soient aussi les plus actifs.
Pour le mode d’emploi de la vérification individuelle, je renvoie à mon guide de décembre 2025.
Avant le 23 septembre : le formulaire TS-NFPI
Jusqu’à cette annonce, le seul recours officiel d’un administrateur de page était le formulaire TS-NFPI (Notice of Inaccurate Profile Information). Pour une page non vérifiée, rien n’indique que cette voie ait changé.

Deux éléments comptaient pour qu’un signalement aboutisse : l’URL publique exacte du profil et un argument factuel plutôt qu’un « je ne connais pas cette personne ». La formulation que je proposais en janvier tient toujours : « Après vérification de nos registres RH, cette personne n’a jamais été employée par [nom de l’organisation]. Cette affiliation est factuellement inexacte et trompeuse pour le public. »
Avant d’en arriver là, la prise de contact directe avec le membre reste la voie la plus simple, surtout quand il s’agit d’un ancien salarié ou d’un prestataire.
Les cas qui restent hors de portée
Quand un usurpateur se sert de votre logo pour tromper des clients, le terrain devient celui de la propriété intellectuelle, avec un signalement de violation de marque auprès de LinkedIn. Pour les écoles, dont les anciens se comptent par milliers, le tri reste impossible à l’échelle. La vérification par les pairs couvre désormais le parcours d’études, mais elle atteste qu’une personne a étudié avec une autre, et l’école n’intervient à aucun moment.
Ce que je surveille
Trois réponses manquent encore pour mesurer la portée de ces outils en Belgique : l’ouverture du test aux membres belges, le seuil de confirmations qui déclenche le badge, et les conditions de vérification des pages en septembre 2026. Je compléterai cet article dès qu’elles seront publiées.
Ce type de règle, je le pose avec les directions de la communication dans le cadre de prise de parole.
Xavier Degraux ► Consultant & formateur LinkedIn™, IA et GEO · Prise de parole et réputation numériques des organisations et de leurs dirigeant.es · Employee advocacy ► +500 organisations accompagnées depuis 2013 ► 10 ans journaliste éco (L’Echo, Trends Tendances)


