Quels sont les usages de l’IA en Belgique ? (étude octobre 2026)

En Belgique, 74,4% des internautes de 16 ans et plus se servent d’un outil d’IA chaque mois, contre 85,2% dans le monde, selon l’enquête GWI reprise dans le rapport Digital 2027 de DataReportal. La télémétrie de Microsoft place pourtant la Belgique 12e sur les 57 pays du rapport, à plus du double de la moyenne mondiale. Sur la confiance, en revanche, le classement belge ne prête pas à discussion : 7,1% des internautes belges pensent que l’IA créera des emplois, contre 19,3% dans le monde.

J’ai optimisé cet article et créé une infographie pour l’illustrer avec l’IA

Je décortique ce rapport depuis sa première édition, il y a 15 ans. D’habitude, je le lis sous l’angle des réseaux sociaux. Mais l’édition Digital 2027, publiée ce 21 octobre 2026 par DataReportal, We Are Social et Meltwater (plus de 900 pages, sous la plume de Simon Kemp), consacre un long chapitre à l’intelligence artificielle. Et la Belgique apparaît dans la plupart des classements… J’ai donc relevé ses chiffres, slide par slide, pour situer la Belgique face à une cinquantaine d’autres pays.

Pour info et rappel, ce rapport compile les données de ses partenaires. Chaque graphique a sa propre source, sa propre population et sa propre date. La plupart des chiffres repris ici viennent de l’enquête de GWI menée au deuxième trimestre 2026 auprès d’internautes de 16 ans et plus : ce sont des déclarations. Les autres viennent de Microsoft, de Meltwater, de Statcounter, de Google et d’Ipsos. Je précise chaque fois laquelle.

3 internautes belges sur 4 se servent de l’IA chaque mois, sous la moyenne mondiale

Au deuxième trimestre 2026, 74,4% des internautes belges de 16 ans et plus déclaraient s’être servis d’un outil d’IA dans le mois. La moyenne mondiale atteint 85,2%. La Belgique se classe 47e sur 53 pays.

Le Kenya (97,3%), le Nigeria (96,6%) et les Émirats arabes unis (95,7%) ouvrent le classement. Parmi nos voisins, les Pays-Bas (80,4%) et l’Allemagne (75,4%) font un peu mieux. La France (67,4%) fait nettement moins bien. Les États-Unis (74,6%) sont quasiment à égalité avec nous. Derrière la Belgique, il reste 6 pays : le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni (68,0%), la France, le Japon (58,6%) et le Ghana (35,8%).

Le schéma se répète sur toute la slide. Les économies émergentes tirent la moyenne vers le haut. L’Europe de l’Ouest et le monde anglo-saxon occupent la majeure partie du dernier tiers.

Graphique : part des internautes qui se servent d’un outil d’IA chaque mois, par pays, en 2026. La Belgique est à 74,4%, la moyenne mondiale à 85,2%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui se servent d’un outil d’IA chaque mois, par pays. Belgique : 74,4%, 47e sur 53. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

4,5% des internautes belges paient un abonnement

Sur le payant, l’écart se creuse. En Belgique, 4,5% des internautes déclarent payer chaque mois un abonnement à un outil d’IA, contre 9,5% dans le monde.

La Belgique arrive 46e sur 53, à égalité avec le Danemark. Le Kenya (18,5%), Israël (14,1%) et les Émirats (13,3%) mènent. Le Japon ferme la marche, à 2,0%.

En rapportant ce chiffre au précédent, j’obtiens environ 6% d’abonné·es parmi les Belges qui se servent de l’IA, contre environ 11% dans le monde. Ce rapport est un calcul de ma part. Il suppose que les abonné·es font partie des usagers du mois, une hypothèse que la slide ne vérifie pas.

Graphique : part des internautes qui paient un abonnement à un outil d’IA, par pays, en 2026. La Belgique est à 4,5%, la moyenne mondiale à 9,5%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui paient chaque mois un abonnement à un outil d’IA, par pays. Belgique : 4,5%, 46e sur 53. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

Microsoft place la Belgique 12e sur 57, à plus du double de la moyenne mondiale

Une autre slide du même rapport renvoie une image inverse.

Selon le Global AI Diffusion Report de Microsoft, publié le 21 septembre 2026, 40,3% des Belges de 15 à 64 ans se sont servis d’un outil d’IA générative au deuxième trimestre 2026. La moyenne mondiale est de 18,8%. La Belgique se classe 12e sur les 57 pays repris par DataReportal, devant les États-Unis (33,0%) et l’Allemagne (32,3%), derrière les Pays-Bas (43,5%) et la France (49,6%).

La série belge de Microsoft progresse sans à-coup : 33,5% au premier semestre 2025, 36,0% au second, 39,0% au premier trimestre 2026 (rapport précédent), puis 40,3%.

Graphique : usage actif de l’IA générative chez les 15-64 ans, par pays, selon Microsoft. La Belgique est à 40,3%, la moyenne mondiale à 18,8%.
Part des 15-64 ans qui se servent activement de l’IA générative, par pays, selon la télémétrie de Microsoft. Belgique : 40,3%, 12e sur 57. Source : Microsoft, Global AI Diffusion (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

GWI ou Microsoft : 2 mesures, 2 classements

D’un côté, 74,4% et 47e sur 53. GWI, deuxième trimestre 2026. Une enquête en ligne : des internautes de 16 ans et plus déclarent s’être servis d’un « outil d’IA » dans le mois. Dénominateur : les internautes interrogés.

De l’autre côté, 40,3% et 12e sur 57. Microsoft, deuxième trimestre 2026. Une estimation tirée de la télémétrie anonymisée des produits Microsoft, corrigée selon les parts de marché des systèmes d’exploitation et des appareils, l’accès à internet et la population. Dénominateur : toute la population de 15 à 64 ans. Microsoft vend lui-même des outils d’IA générative, à commencer par Copilot.

Les deux mesures diffèrent par la méthode (une déclaration d’un côté, un modèle statistique de l’autre), par la population (des internautes, ou tous les adultes en âge de travailler) et par l’objet (un « outil d’IA » au sens large, ou l’IA générative).

Le Kenya montre l’effet du dénominateur : 97,3% chez GWI, 8,9% chez Microsoft. L’enquête n’y interroge que des internautes. Microsoft rapporte l’usage à toute la population, et pour une partie de l’Afrique de l’Ouest son estimation est une moyenne régionale : le Nigeria et le Ghana affichent le même 10,4%.

La France pousse l’écart plus loin encore : 51e chez GWI (67,4%), 4e chez Microsoft (49,6%).

Je ne départage pas les deux. Je relève seulement que les 40,3% de Microsoft se rapprochent davantage de l’usage déclaré de ChatGPT en Belgique (36,4%, GWI) que des 74,4% d’usage d’outils d’IA.

La slide GWI ne définit pas « outil d’IA ». L’écart laisse penser que la catégorie déborde des assistants conversationnels, mais je ne peux pas le vérifier.

Chercher une information d’abord, demander conseil ensuite

Dans le monde, 60,4% des usagers actifs de l’IA s’en servent pour trouver une information. Suivent les conseils sur des problèmes (40,6%), l’apprentissage (38,4%), la création d’images ou de vidéos (35,5%) et le gain de temps (33,8%). Le dénominateur change ici : ces parts se calculent sur les seuls usagers actifs de l’IA.

Graphique : raisons de se servir de l’IA dans le monde. Trouver une information arrive en tête à 60,4%, devant les conseils sur des problèmes à 40,6%.
Principales raisons pour lesquelles les usagers actifs de l’IA de 16 ans et plus s’en sont servis dans le mois, dans le monde. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

En Belgique, 63,9% des usagers actifs cherchent une information avec l’IA (34e sur 53, à égalité avec le Portugal). Les Pays-Bas (55,4%) et la France (55,2%) figurent parmi les 4 derniers du classement.

Pour les conseils sur des problèmes, la Belgique atteint 42,0% (23e), un peu au-dessus des 40,6% mondiaux.

Elle redescend sur les recommandations personnalisées de produits, de voyages ou de divertissement : 24,2% (43e, à égalité avec la Bulgarie), contre 31,0% dans le monde.

Ce profil rejoint celui que j’avais tiré en août des données d’OpenAI sur l’usage de ChatGPT en Belgique. La Belgique y présentait déjà un usage plus utilitaire que la moyenne mondiale, avec davantage de conseils pratiques et de recherche d’information.

Tableau : classement 2026 des usages de l’IA générative selon AI in the Wild. Thérapie et compagnie en tête, recherche spécifique au 18e rang.
Les 20 premiers usages de l’IA générative relevés dans les conversations publiques en ligne, rangs 2026 et 2025. Source : AI in the Wild (juin 2026 et avril 2025), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : sources des citations de marques dans les IA. Autres 61,3%, médias et actualité 29,4%, réseaux sociaux 7,2%, avis 1,3%, wikis 0,7%, communiqués de presse 0,2%.
Part des citations de marques dans les outils d’IA générative, par type de source, sur 8 plateformes. Source : Meltwater (août 2026), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : part des usagers actifs de l’IA qui s’en servent pour trouver une information, par pays. La Belgique est à 63,9%, la moyenne mondiale à 60,4%.
Part des usagers actifs de l’IA de 16 ans et plus qui s’en servent pour trouver une information, par pays. Belgique : 63,9%, 34e sur 53. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : part des usagers actifs de l’IA qui s’en servent pour demander conseil, par pays. La Belgique est à 42,0%, la moyenne mondiale à 40,6%.
Part des usagers actifs de l’IA de 16 ans et plus qui s’en servent pour demander conseil sur des problèmes, par pays. Belgique : 42,0%, 23e sur 53. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

Les conversations publiques classent autrement

Une autre source du rapport ordonne les usages tout autrement. Marc Zao-Sanders et Sara Biuk analysent chaque année des milliers de posts publiés sur les réseaux sociaux et les forums (Reddit, YouTube, TikTok, LinkedIn, Quora). Dans leur édition de juin 2026, la thérapie et la compagnie restent le premier usage de l’IA générative, pour la deuxième année d’affilée. La « recherche spécifique » n’arrive que 18e. Le « collègue de travail » bondit de la 43e à la 8e place.

Simon Kemp le rappelle dans son analyse : cette méthode surreprésente les usages dont on parle volontiers en ligne. GWI recueille des déclarations, Zao-Sanders et Biuk relèvent des récits publics.

Sur ce terrain, la Belgique apparaît dans l’enquête multipays de Google et Ipsos. 40% des Belges interrogés s’y disent au moins un peu enthousiastes à l’idée de compagnons IA, contre 52% en moyenne sur 21 pays (17e sur 21, à égalité avec le Royaume-Uni).

L’Inde (83%) et le Nigeria (82%) mènent, les États-Unis ferment la marche (25%). L’enquête porte le nom de Google, qui vend lui-même un assistant, Gemini.

Graphique : part des usagers actifs de l’IA qui s’en servent pour des recommandations personnalisées, par pays. La Belgique est à 24,2%, la moyenne mondiale à 31,0%.
Part des usagers actifs de l’IA de 16 ans et plus qui s’en servent pour des recommandations personnalisées (produits, voyages, divertissement), par pays. Belgique : 24,2%, 43e sur 53. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : part des internautes à l’aise avec l’IA, par pays. La Belgique est à 25,2%, la moyenne mondiale à 30,3%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui se disent à l’aise avec les produits et services d’IA, par pays. Belgique : 25,2%, 31e sur 49. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

1 internaute belge sur 4 se dit à l’aise avec l’IA

C’est sur la confiance que la Belgique décroche le plus.

Parmi les internautes belges, 25,2% se disent à l’aise avec les produits et services d’IA (31e sur 49, à égalité avec le Royaume-Uni, monde 30,3%). Ils sont 21,3% à penser que l’IA améliore leur vie quotidienne (35e sur 49, à égalité avec la Suède, monde 31,7%) et 20,0% à juger qu’elle profite à la société (41e sur 49, monde 32,5%).

L’emploi donne le chiffre le plus bas. Seuls 7,1% des internautes belges pensent que l’IA créera davantage d’emplois, contre 19,3% dans le monde. La Belgique est 45e sur 49. Seules la Suisse (6,6%), l’Allemagne (6,5%), le Japon (6,4%) et l’Autriche (6,0%) font moins.

Graphique : part des internautes qui pensent que l’IA améliore leur vie quotidienne, par pays. La Belgique est à 21,3%, la moyenne mondiale à 31,7%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui pensent que l’IA améliore leur vie quotidienne, par pays. Belgique : 21,3%, 35e sur 49. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : part des internautes qui pensent que l’IA profite à la société, par pays. La Belgique est à 20,0%, la moyenne mondiale à 32,5%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui pensent que l’IA profite à la société, par pays. Belgique : 20,0%, 41e sur 49. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : part des internautes qui pensent que l’IA créera davantage d’emplois, par pays. La Belgique est à 7,1%, la moyenne mondiale à 19,3%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui pensent que l’IA créera davantage d’emplois, par pays. Belgique : 7,1%, 45e sur 49. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : part des internautes qui pensent que l’IA créera davantage d’emplois, par pays. La Belgique est à 7,1%, la moyenne mondiale à 19,3%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui pensent que l’IA créera davantage d’emplois, par pays. Belgique : 7,1%, 45e sur 49. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

La Belgique n’est pas un cas à part. Sur ces 4 questions, elle se range avec l’Europe de l’Ouest et le monde anglo-saxon, et ses voisins descendent souvent plus bas. 15,4% des internautes français pensent que l’IA profite à la société, 14,8% des Néerlandais, 13,2% des Irlandais. L’Inde, la Chine, la Turquie ou l’Indonésie occupent le haut des classements.

Mais l’écart entre usage et conviction n’a rien de belge. Chez nous, 74,4% des internautes se servent de l’IA et 21,3% pensent qu’elle améliore leur quotidien, soit 53,1 points d’écart. Dans le monde : 85,2% contre 31,7%, soit 53,5 points. La singularité belge se situe dans le niveau de confiance, sous la moyenne mondiale sur les 4 questions et dans le dernier cinquième pour la société et l’emploi.

ChatGPT pèse plus lourd en Belgique, Gemini nettement moins

Au deuxième trimestre 2026, 36,4% des internautes belges déclaraient s’être servis de ChatGPT dans le mois, contre 34,7% dans le monde (33e sur 53). Le chiffre colle aux 37% (GWI, premier semestre 2026) que Bernard Cools, de l’agence média Space, citait en août dans Trends-Tendances.

Gemini tombe à 16,3% en Belgique, contre 28,7% dans le monde (43e sur 53). Ailleurs, l’assistant de Google taille des croupières à ChatGPT : en Turquie, 51,1% des internautes s’en servent, à peine moins que ChatGPT (51,7%). En Belgique, ChatGPT compte 2,2 fois plus d’usagers déclarés que Gemini, contre 1,2 fois dans le monde (calcul de ma part).

Graphique : enthousiasme pour les compagnons IA, par pays. La Belgique est à 40%, la moyenne des 21 pays à 52%.
Part des personnes au moins un peu enthousiastes à l’idée de compagnons IA, par pays. Belgique : 40%, 17e sur 21. Source : enquête multipays Google et Ipsos 2026, via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : part du trafic envoyé par les assistants IA. ChatGPT 77,89%, Gemini 9,93%, Perplexity 5,86%, Claude 3,20%, Copilot 3,07%.
Part des pages vues envoyées vers des sites web par chaque assistant, sur une sélection d’assistants IA, monde, juillet 2026. Source : Statcounter, via DataReportal, Digital 2027.

Le trafic mesuré par Statcounter classe les assistants autrement. En juillet 2026, ChatGPT a généré 77,89% des pages vues envoyées vers des sites web par une sélection d’assistants IA, devant Gemini (9,93%), Perplexity (5,86%), Claude (3,20%) et Copilot (3,07%). Pour les internautes en Belgique, la part de ChatGPT descend à 73,69% (30e sur 52 pays). Le reste, 26,31%, vient des autres assistants de la sélection.

Les deux mesures comptent des choses différentes. GWI compte des personnes qui déclarent s’être servies d’un assistant. Statcounter compte des pages vues sur les sites qui portent son code de mesure, quand la visite arrive depuis un assistant. Un usager de Gemini qui ne clique sur aucun lien n’apparaît que dans la première.

Graphique : part de ChatGPT dans le trafic envoyé par les assistants IA, par pays. La Belgique est à 73,69%, la moyenne mondiale à 77,89%.
Part de ChatGPT dans les pages vues envoyées par une sélection d’assistants IA, par pays. Belgique : 73,69%, 30e sur 52. Source : Statcounter (juillet 2026), via DataReportal, Digital 2027.
Graphique : usage déclaré de ChatGPT dans le mois, par pays. La Belgique est à 36,4%, la moyenne mondiale à 34,7%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui déclarent s’être servis de ChatGPT dans le mois, par pays. Belgique : 36,4%, 33e sur 53. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

Les médias pèsent 29,4% des sources citées par les IA, les communiqués 0,2%

C’est la slide qui concerne le plus directement les dircoms. Meltwater a analysé environ 7,3 millions de citations relevées en août 2026 sur 8 plateformes (ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini, Google AI Mode, AI Overviews, Perplexity et Grok). Les questions posées, les « prompts », ne nommaient aucune marque et couvraient des catégories grand public : IA, banque de détail, automobile, restauration rapide, streaming, habillement et mode.

Les médias et l’actualité représentent 29,4% des sources citées. Meltwater les range en « earned media », la couverture obtenue auprès de la presse, par opposition à celle qu’on achète ou qu’on publie soi-même. Suivent les réseaux sociaux (7,2%), les avis (1,3%), les wikis (0,7%) et les communiqués de presse (0,2%). Le reste, 61,3%, regroupe les sites de marques et d’entreprises, les bases de recherche, les plateformes de veille et les sites de référence financière.

Graphique : usage déclaré de Google Gemini dans le mois, par pays. La Belgique est à 16,3%, la moyenne mondiale à 28,7%.
Part des internautes de 16 ans et plus qui déclarent s’être servis de Google Gemini dans le mois, par pays. Belgique : 16,3%, 43e sur 53. Source : GWI (T2 2026), via DataReportal, Digital 2027.

Ce chiffre bouge vite. Sur la même mesure, la part des médias valait 39,5% en avril, 37,6% en mai, 35,0% en juin et 33,1% en juillet : août marque la troisième baisse mensuelle d’affilée. Celle des communiqués reste à 0,2% depuis 4 mois.

Dans le même relevé, LinkedIn devient en août le 3e site le plus cité, avec environ 100.200 citations, derrière YouTube et Reddit. 69% de ces citations viennent de Perplexity. ChatGPT et Gemini n’en comptent aucune dans l’échantillon suivi.

Meltwater vend l’outil qui produit cette mesure (GenAI Lens) et coédite le rapport Digital 2027.

Meltwater ou Muck Rack : 29,4% ou 84%

29,4%. Meltwater, août 2026. Environ 7,3 millions de citations sur 8 plateformes, questions grand public sans nom de marque. La catégorie « Earned/News » exclut les sites d’entreprises et les bases de recherche, rangés dans « Other ».

84%. Muck Rack, mai 2026, selon son communiqué. Plus de 25 millions de liens tirés de ChatGPT, Claude et Gemini, sur 17 secteurs. Sa définition des médias gagnés englobe le journalisme, la recherche académique, les sources gouvernementales, les encyclopédies et les contenus d’entreprises tierces. Muck Rack vend lui aussi un outil de suivi.

L’écart vient d’abord de la définition : une partie des sources que Muck Rack compte comme gagnées tombe chez Meltwater dans « Other ». Les deux mesures se rejoignent sur le poids marginal de la communication achetée ou diffusée par l’organisation elle-même : 0,3% pour le contenu payant et publirédactionnel chez Muck Rack, 0,2% pour les communiqués chez Meltwater. Aucune des deux ne publie de résultat pour des questions posées depuis la Belgique.

On résume ? La Belgique face au monde, en 14 indicateurs

Infographie : la Belgique comparée à la moyenne mondiale sur 14 indicateurs d’usage et de perception de l’IA. La Belgique est sous la moyenne sur 10 indicateurs, dont l’usage mensuel d’un outil d’IA (74,4% contre 85,2%) et la conviction que l’IA créera des emplois (7,1% contre 19,3%). Elle est au-dessus sur 4, dont l’usage actif d’IA générative mesuré par Microsoft (40,3% contre 18,8%).
La Belgique et la moyenne mondiale sur 14 indicateurs du chapitre IA de Digital 2027. Le rang belge se lit sur le nombre de pays couverts par chaque mesure, les égalités sont signalées dans le texte. Sources : GWI (T2 2026), Microsoft (T2 2026), Google et Ipsos (2026), Statcounter (juillet 2026), via DataReportal, Digital 2027.

Les conséquences pour les dircoms et les DRH en Belgique

Côté communication, les Belges qui se servent de l’IA lui posent d’abord des questions d’information, un peu plus souvent que la moyenne mondiale. La réponse s’appuie sur des sources que l’organisation ne contrôle pas, et le communiqué y pèse 0,2% des citations dans la mesure de Meltwater. La parole d’une organisation entre donc dans les réponses des IA par les médias qui la reprennent et par les contenus de tiers, beaucoup plus rarement par ses propres communiqués.

ChatGPT reste la première porte d’entrée. En Belgique, 26,31% des pages vues envoyées par les assistants suivis viennent pourtant d’autres outils. Et LinkedIn doit sa progression récente dans les citations surtout à Perplexity. Un audit des réponses des IA sur votre organisation, s’il se limite à ChatGPT, laisse de côté une partie de celles que reçoivent les Belges.

Côté RH, le chiffre à garder en tête est celui de l’emploi. Une organisation qui déploie un outil d’IA en interne le fait dans un pays où 7,1% des internautes croient que l’IA créera des emplois. Ma lecture, que l’enquête ne mesure pas : l’annonce risque d’être reçue d’abord comme une question sur l’avenir des postes. Quant aux habitudes déjà prises, seuls 4,5% des internautes belges déclarent payer un abonnement. L’enquête ne dit pas combien se servent d’un compte fourni par leur employeur.

Pour une institution publique ou une entreprise exposée qui communique sur son propre usage de l’IA, le public de départ reste à convaincre : 1 internaute belge sur 4 se dit à l’aise avec l’IA, 1 sur 5 pense qu’elle profite à la société.

DataReportal publiera ses rapports par pays à partir de la mi-novembre 2026, dont celui consacré à la Belgique. En 15 ans de lecture de ce rapport, la question utile pour une organisation belge a changé. Elle concernait les plateformes où publier. Elle concerne désormais les sources que les IA retiennent quand on les interroge sur elle.

Questions fréquentes

Quelle part des Belges se sert de l’IA ?

Selon l’enquête GWI du deuxième trimestre 2026, 74,4% des internautes belges de 16 ans et plus se servent d’un outil d’IA chaque mois (85,2% dans le monde). Selon Microsoft, 40,3% des Belges de 15 à 64 ans se sont servis d’un outil d’IA générative sur la même période (18,8% dans le monde). La première est une déclaration, la seconde une estimation tirée de la télémétrie.

Combien de Belges paient pour un outil d’IA ?

Selon GWI, 4,5% des internautes belges déclarent payer un abonnement mensuel à un outil d’IA au deuxième trimestre 2026, contre 9,5% dans le monde. La Belgique se classe 46e sur 53 pays, à égalité avec le Danemark.

Les Belges font-ils confiance à l’IA ?

Moins que la moyenne mondiale. Selon GWI, 25,2% des internautes belges se disent à l’aise avec l’IA (30,3% dans le monde), 20,0% pensent qu’elle profite à la société (32,5%) et 7,1% qu’elle créera des emplois (19,3%).

Quel assistant IA domine en Belgique ?

ChatGPT. Au deuxième trimestre 2026, 36,4% des internautes belges déclarent s’en être servis dans le mois, contre 16,3% pour Gemini (GWI). En juillet 2026, ChatGPT génère 73,69% des visites envoyées par les assistants IA vers les sites web en Belgique, selon Statcounter.

Quelles sources les IA citent-elles le plus ?

Dans la mesure de Meltwater d’août 2026 (environ 7,3 millions de citations sur 8 plateformes), les médias représentent 29,4% des sources citées, les réseaux sociaux 7,2% et les communiqués de presse 0,2%. Avec une définition plus large des médias gagnés, Muck Rack arrive à 84% (mai 2026).

Xavier Degraux ► Consultant & formateur LinkedIn™, IA et GEO · Prise de parole et réputation des organisations et de leurs dirigeant.es · Employee advocacy ► +500 organisations accompagnées depuis 2013 ► 10 ans journaliste éco (L’Echo, Trends)

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