Pourquoi et comment rédiger une charte IA dans votre organisation (vidéo)

J’ai optimisé cet article avec l’IA

Comment s’y prendre pour rédiger une charte IA ? J’ai posé la question à Anaïs Baumgarten, consultante en marketing responsable et autrice de Slow Marketing, dans un échange filmé fin août 2026. Ce qui suit en reprend la méthode, avec les sources, les échéances, et le point sur lequel je ne la suis pas.

Une charte IA est un document interne qui fixe trois choses : ce qui est interdit, ce qui est autorisé d’office, et ce qui reste à trancher. Elle ne dresse pas la liste des outils permis, parce que les outils changent plus vite que le document. Et elle déplace le moment de la décision, qui se prend à froid et une fois, au lieu d’être arbitrée chaque fois, seul devant un écran.

Mais soyons précis : la rédaction d’une charte IA n’est pas obligatoire.

Depuis le 2 août 2026, l’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle oblige certes à signaler les contenus générés ou modifiés par une IA, qu’il s’agisse de texte, d’image, de son ou de vidéo (lire mon kit de conformité).

Le marquage technique de ces contenus suivra, le 2 décembre 2026. Tout comme les obligations qui portent sur les systèmes à haut risque, dont le tri de candidatures, ont été reportées à décembre 2027.

Mais aucun de ces textes n’oblige donc à rédiger une charte IA, quelle que soit la taille de votre organisation.

Ce que le règlement européen exige, en revanche, c’est une déclaration. Et une déclaration suppose de savoir ce qu’on déclare…

Voilà pourquoi j’ai demandé à Anaïs Baumgarten, consultante en marketing responsable et autrice de Slow Marketing, de nous expliquer, lors d’un échange vidéo, comment s’y prendre pour rédiger une charte IA dans son organisation.

Ce que l’obligation du 2 août change pour une direction de la communication

La retranscription complète de cet échange se trouve plus bas. Mais allons plus loin, pour les responsables de la communication…

Parce que la première chose à réaliser, c’est que vous ne déclarez pas ce que vous ne voyez pas, alors que les contenus qui sortent au nom de votre organisation viennent du marketing, des ressources humaines, du commercial, d’une agence, d’un pigiste, parfois d’un membre du comité de direction qui publie en son nom propre.

Autrement dit : vous n’avez la main sur presque aucune de ces chaînes de production, alors que vous portez la signature finale.

C’est précisément, selon moi, ce qui fait de la charte IA un objet de gouvernance de la parole avant d’être un objet juridique ou informatique.

À ce titre, elle rejoint la famille des documents que je vois se multiplier dans les organisations exposées : charte de prise de parole, grille des mandats, circuit de validation, protocole d’incident. La question qu’elle tranche est toujours la même. Qui a le droit de dire quoi, au nom de qui.


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Pourquoi l’inventaire des usages arrive avant la rédaction

Vous aurez remarqué que la première observation d’Anaïs ne porte pas sur le document.

Elle décrit deux populations qui se taisent en même temps, pour des raisons opposées. Celles et ceux qui recourent à l’IA sans le dire, de peur qu’on en déduise que leur travail vaut moins. Et celles et ceux qui n’y recourent pas et n’osent pas le dire, de peur de passer pour dépassés.

Tout le monde a l’impression que l’équipe est alignée sur l’IA, et personne ne l’est.

Les relevés disponibles vont dans ce sens. Selon une étude d’Inetum menée auprès de dirigeants belges, 47% d’entre eux déclarent recourir à l’IA à l’insu de leur direction, une proportion qui monte à 55% dans les entreprises de 10 à 250 personnes.

Une enquête PagerDuty et Wakefield d’avril 2026 indique de son côté que 66% des professionnels interrogés ont eu recours à des outils d’IA au travail en pensant que ce n’était pas autorisé, et que 43% y ont saisi de la correspondance professionnelle, 34% des données clients, 31% des informations financières ou des documents confidentiels.

Ces deux chiffres sont déclaratifs et proviennent d’enquêtes commanditées par des fournisseurs de services. Ils mesurent ce que des répondants acceptent de reconnaître, ce qui en fait un plancher. Mais ils ne disent rien de ce qui a été déposé dans les outils gratuits, ni de ce qui en est ressorti, ni de la gravité des données concernées.

C’est exactement l’angle mort d’une direction de la communication.

Un dernier repère, belge et public celui-là. Dans son rapport de février 2026, le Conseil supérieur de l’emploi établit que près de 35% des entreprises belges avaient recours à l’IA en 2025, soit 20 points au-dessus du niveau de 2023, et qu’un travailleur sur trois y a recours dans son activité. Mais 39% des travailleurs déclarent avoir besoin de connaissances supplémentaires, alors que 14% seulement ont suivi une formation. L’écart entre l’usage et la maîtrise est le chantier réel. Une charte le révèle. Elle ne le comble pas.

Comment rédiger une charte IA, dans l’ordre

Cinq étapes, dont la première consiste à ne pas écrire.

  1. L’état des lieux. Qui recourt à quel outil, à quel moment, sur quelles données. Anaïs y ajoute une dimension qui n’est pas technique : où se situe le curseur de chacun, entre les technophiles enthousiastes, celles et ceux que le numérique inquiète, et une population intermédiaire attirée par l’outil mais retenue par ses propres convictions environnementales et sociales. Dans une équipe restreinte, la discussion se tient à voix haute. Au-delà, un questionnaire anonyme la remplace.
  2. La concertation sociale. En Belgique, la convention collective de travail n° 39 oblige l’employeur qui introduit une nouvelle technologie ayant des conséquences sur l’emploi, l’organisation ou les conditions de travail à informer et à se concerter avec les représentants des travailleurs, au plus tard trois mois avant le début de l’implantation. Une charte écrite dans un bureau et diffusée par courriel est fragile sur ce terrain, en plus d’être mal reçue. Pourtant, je vois rarement ce préalable mentionné dans les guides publiés sur le sujet.
  3. Les trois zones. C’est la structure que propose Anaïs, et elle a le mérite de vieillir lentement. Le rouge : les principes non négociables, adossés aux valeurs de l’organisation, par exemple aucune génération d’images ou de vidéos pour la communication. La zone grise : ce qui n’est pas tranché, et qu’on assume comme tel, ce qui ouvre la discussion au lieu de la fermer par défaut. Le vert : ce qui est validé d’office et n’appelle aucune demande d’autorisation.
  4. La grille des trois U. Une fois le vert posé, elle observe un effet de bascule, une envie d’ajouter de l’IA partout, y compris sur des tâches qu’on aurait faites plus vite à la main. D’où trois questions avant d’intégrer un outil à un processus. Est-ce que c’est utile ? Est-ce que c’est utilisable ? Est-ce que c’est utilisé ? La troisième U coûte le plus cher à esquiver : un outil utile et utilisable que personne n’ouvre reste une ligne de licence et une conformité de façade.
  5. L’extension aux prestataires. Une charte interne ne couvre que les personnes sous contrat de travail. Or une part des contenus publiés par les organisations sort d’agences, de pigistes, de studios, de plumes. Anaïs signe depuis l’été 2026 une convention d’usage de l’IA avec chacun de ses prestataires. La formulation minimale tient en une ligne dans un brief : préciser si et comment l’IA est intervenue.

Le principe qui commande cette dernière étape est le plus inconfortable des cinq. Celui qui publie répond du contenu, même quand il ne l’a pas écrit. Une organisation qui déclare ses contenus au titre de l’article 50 déclare aussi ceux qu’elle a commandés à l’extérieur.

Ce que le format ne détermine pas

Une charte IA d’une page ou de cent pages ? Les deux existent. Anaïs a vu passer les deux, et aucun n’est disqualifié d’avance : la taille suit le mode de décision interne, pas une bonne pratique.

Il existe une troisième voie, publique. En 2024, Dove a publié un document d’engagement sur l’IA assorti de recommandations de prompt destinées à réduire les biais de représentation, en cohérence avec une campagne que la marque tient depuis deux décennies. La charte y devient un actif de communication.

Le format ne tient que si la position exprimée découle de ce que la marque défend déjà. Sans cet adossement, le même document se lit comme une (im)posture, et l’usine à gaz documentaire ne trompe personne.

Ce qu’une charte ne règle pas

Sur un point, l’idée qui circule me paraît en avance sur ce que la recherche établit.

Cette idée est qu’annoncer son recours à l’IA renforce la confiance, à condition d’expliquer pourquoi et comment. Oliver Schilke et Martin Reimann ont publié en 2025, dans Organizational Behavior and Human Decision Processes, une série de treize expériences qui montrent l’inverse : déclarer un recours à l’IA fait baisser la confiance accordée à l’auteur, le mécanisme en cause est une perte de légitimité perçue, et la formulation de la déclaration n’y change rien. Et l’effet est plus sévère encore quand l’usage est révélé par un tiers.

Ces expériences portent sur des situations construites en laboratoire, avec des participants recrutés pour l’occasion. Elles n’établissent pas ce que ferait le public d’une organisation installée, dans la durée, sur un contenu qu’il attendait. Ce qu’elles établissent suffit néanmoins à corriger une promesse : une charte qui annonce un gain de confiance promet ce que personne n’a démontré. Ce qu’elle protège, c’est autre chose. La possibilité de ne pas être pris en défaut.

Cette réserve a une conséquence directe sur la clause prestataire. Une ligne qui oblige un pigiste à déclarer son recours à l’IA, sans que le donneur d’ordre déclare le sien, le place en position perdante. La réciprocité rend la clause applicable. Sans elle, personne n’y répond honnêtement.

Deux autres limites, plus banales. Une partie du risque sur les données confidentielles se règle par l’achat de comptes professionnels, pas par douze pages de texte. Et dans l’enquête PagerDuty et Wakefield citée plus haut, 81% des répondants estiment que les règles ne s’appliquent pas de la même façon en haut de l’organigramme : une charte que le comité de direction ne s’applique pas ne tiendrait pas un trimestre.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une charte IA en entreprise ?

C’est un document interne qui définit les usages interdits, autorisés et à discuter de l’intelligence artificielle dans l’organisation. Il fixe des principes et un mode de décision plutôt qu’une liste d’outils, parce que les outils changent plus vite que le document.

Une charte IA est-elle obligatoire ?

Non. Aucun texte n’oblige à rédiger une charte. En revanche, l’article 50 du règlement européen sur l’IA oblige depuis le 2 août 2026 à signaler les contenus générés ou modifiés par une IA, et l’article 4 impose de développer la maîtrise de l’IA des équipes. Tenir ces obligations sans cadre interne est difficile.

Qui rédige la charte IA dans une organisation ?

Pas une fonction seule. Dans une structure de taille réduite, la discussion réunit le marketing, le commercial, le produit et les ressources humaines, avant un arbitrage de la direction. Dans une grande organisation, un questionnaire anonyme remplace la réunion. En Belgique, la CCT n° 39 impose aussi une information et une concertation avec les représentants des travailleurs au plus tard trois mois avant l’introduction de la technologie.

Combien de pages doit faire une charte IA ?

Il n’existe pas de format imposé. Une page suffit dans une petite structure, et des documents d’une centaine de pages se justifient dans des environnements fortement réglementés. Le critère n’est pas la longueur : c’est de savoir si le document est lu et s’il tranche des cas réels.

Comment encadrer l’IA chez ses agences et ses freelances ?

Par une convention d’usage ou une clause de brief demandant de préciser si et comment l’IA est intervenue, appliquée dans les deux sens. L’organisation qui publie répond du contenu final, y compris quand il a été produit à l’extérieur.

Faut-il interdire les outils d’IA gratuits ?

L’interdiction générale déplace l’usage vers les comptes personnels plutôt qu’elle ne le supprime, et l’organisation y perd toute visibilité. Fournir un ou deux outils professionnels, où les données de l’entreprise et de ses clients sont protégées, traite le risque autrement.

Que dit l’IA Act sur les contenus générés par IA ?

L’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 oblige, depuis le 2 août 2026, à informer les personnes qu’elles interagissent avec une IA et à signaler les contenus de synthèse. Le marquage technique de ces contenus devient obligatoire le 2 décembre 2026 pour les systèmes déjà en service, à la suite du règlement (UE) 2026/1744.

Retranscription de l’échange avec Anaïs Baumgarten

Transcription légèrement éditée pour la lisibilité. Les chiffres cités le sont par les intervenants, dans les termes où ils l’ont été.

Merci à Anaïs Baumgarten pour cet échange.

Anaïs Baumgarten : Je constate qu’il y a ceux qui utilisent l’IA mais ne disent pas qu’ils l’utilisent parce qu’ils ont peur que ça dénature la qualité de leur travail. Et ceux qui n’utilisent pas l’IA et ne disent pas qu’ils ne l’utilisent pas parce qu’ils ont peur de passer pour has-been, à la masse, déjà en retard sur leur métier. Entre tous ces usages-là, moi ce que je vois, c’est que quand il n’y a pas de cadre posé, ça part dans tous les sens.

Chacun utilise ses outils, chacun développe les mêmes outils les uns à côté des autres, en se disant : « Je dois produire du contenu avec le tone of voice de la marque, j’ai vu un truc passer, je vais le faire. » Oui, mais en fait, le marketing l’a déjà fait. Ce serait pas mal d’utiliser les mêmes outils pour tout le monde. Ou alors, tout le monde n’utilise pas au même niveau. C’est-à-dire avoir des outils payants où les outils sont plus efficaces et nos données protégées, versus des outils gratuits où là il y a un vrai risque avec les données de l’entreprise et de ses clients.

Xavier Degraux : Et cette absence, en réalité, de cadastre des usages, on peut malgré tout construire une charte IA ou il faut commencer par savoir qui utilise quoi exactement dans l’entreprise ?

Anaïs Baumgarten : Moi, je vois la charte comme une opportunité de mettre à plat qui utilise quoi et comment. Avant cette charte, c’est un peu cet état des lieux : dire simplement qui utilise quel outil, à quel moment et comment. Et aussi où se situe le curseur de chacun et chacune par rapport à l’usage de l’IA.

On a des gens hyper emballés, très technophiles, qui adorent ça. D’autres, pas du tout technophiles, qui vont avoir peur de l’IA ou pour qui tout ce qui touche au digital en général est très compliqué, donc ils ont peur d’y toucher. Et au milieu, il y a des gens intéressés par la technologie mais qui ont des valeurs. Je travaille principalement avec des entreprises engagées, donc avec des personnes engagées. On a cette dissonance : « J’ai envie d’utiliser l’IA pour certains trucs, mais je ne sais pas jusqu’où aller sans aller à contre-sens de mes valeurs environnementales et sociétales. »

On a un arc de profils très différents. C’est important d’aligner au sein de l’équipe, puis en tant que dirigeant, de donner la direction de la position que l’on veut prendre en tant qu’entreprise.

Xavier Degraux : Oui, c’est ça. La charte sert à aligner, mais pas que. Quelles sont les principales raisons de créer cette charte en réalité ? Il y en a une juridique déjà ?

Anaïs Baumgarten : Il y en a une juridique, déjà. Il y a un premier aspect d’alignement des équipes et de mise à niveau des usages. Le deuxième point, c’est la communication externe. Aujourd’hui, tout le monde se demande à quel moment est utilisée l’IA ou pas. C’est le côté : « J’ouvre LinkedIn, je n’ai que des posts IA ». À l’échelle individuelle, se positionner en tant que freelance ou solopreneur sur : « Voici comment moi j’utilise l’IA ». Je le vois de plus en plus et c’est intéressant, ça donne de la transparence sur ces usages.

Qui dit transparence dit aussi confiance. 30% des consommateurs vont avoir tendance à moins faire confiance à une marque qui utilise l’IA.

Xavier Degraux : Si elle ne l’annonce pas, hein ?

Anaïs Baumgarten : Voilà, parce qu’elle ne l’annonce pas. Si on l’annonce et qu’on explique le comment du pourquoi, malgré cette transparence, la confiance se renforce.

Et puis il y a l’aspect juridique avec l’AI Act. C’est le cadre légal européen qui encadre l’usage de l’IA au sein des entreprises. Il y a un premier article qui nous intéresse, l’article 50, en partie actif depuis le 2 août 2026. Ce qui nous intéresse, c’est que depuis le 2 août, il est obligatoire de mentionner si tout contenu a été généré ou modifié par l’IA. On parle de vidéo, de texte, de photo, de deepfake, on parle de tout. Là on doit le déclarer, et ce sera à la fin de l’année qu’il sera obligatoire d’avoir un watermark pour prouver ce qui est généré, modifié par l’IA ou créé à 100% par l’humain.

Ça challenge pas mal les choses. Quand on ne sait pas qui utilise l’IA en interne, c’est difficile de dire ce qui a été généré par l’IA. Cette charte doit être faite en interne, mais aussi déclinée avec les prestataires externes. Si on travaille avec des agences, des freelances… Depuis cet été, je fais des conventions d’usage avec chacun des prestataires. L’entreprise a une responsabilité sur le contenu final. À partir du moment où c’est toi qui publies, c’est toi qui as la responsabilité.

Xavier Degraux : Quand tu crées ce genre de document, tu as qui autour de la table ? Essentiellement des profils de juristes parce que les boîtes ont des obligations, ou tu sens qu’il y a une opportunité de transmettre des valeurs, avec des marketeurs ?

Anaïs Baumgarten : C’est très varié. Ça dépend de la taille de l’entreprise et de la façon dont les décisions sont prises. Dans une petite ou moyenne entreprise, c’est plus facile d’avoir une discussion collégiale avec tout le monde. Toute l’équipe bureau : le marketing, le commercial, le produit…

Xavier Degraux : Les ressources humaines, sans doute, aussi.

Anaïs Baumgarten : Exactement. Et d’avoir ce premier niveau de discussion à cette échelle. Un cran au-dessus est fait avec les dirigeants, cofondateurs et cofondatrices. Dans des plus grosses structures, on ne peut pas se retrouver à deux cents ou six cents autour de la table. On peut mettre en place des sondages anonymes pour prendre le pouls de la situation, faire l’état des lieux, voir quelle direction on veut prendre et trouver un point commun, une directive commune.

Xavier Degraux : Ça veut dire aussi un objectif commun pour cette charte. À quoi elle ressemble ? C’est un one-pager, un PDF d’une page, ou un document de 643 pages extrêmement exhaustif ?

Anaïs Baumgarten : Ça peut être les deux. J’ai déjà vu des one-pagers, d’autres documents d’une centaine de pages plus légaux, très juridiques. Ça peut être aussi comme ce qu’a fait Dove en 2024 : ils ont publié un livre blanc sur leurs engagements vis-à-vis de l’IA, déclarant qu’ils décident de ne pas utiliser l’IA pour modifier les corps des humains, particulièrement des femmes, dans leurs publicités. Ils ont créé ce livre blanc, les Real Beauty Prompt Guidelines, pour aider d’autres personnes qui voudraient prompter des photos et vidéos à enlever les biais.

Xavier Degraux : Très ancré dans l’ADN de la marque.

Anaïs Baumgarten : Ça vient renforcer leur campagne Real Beauty qui existe depuis deux décennies.

Ça dépend des fonctionnements en interne. Ça peut être synthétique, pas besoin d’un truc de dix ou vingt pages. Je le vois plus comme une boussole. Les outils évoluent très rapidement. C’est difficile de dire : « Vous avez le droit d’utiliser Claude, mais pas ChatGPT ». Ça va trop vite.

Dans ma méthode, je propose :

  1. Poser les principes directeurs : les valeurs fondamentales, le non-négociable (par exemple, pas de génération d’images et vidéos pour la communication). C’est le rouge.
  2. Définir ce qui est en zone grise (ou zone sensible) : les endroits où l’on ne sait pas encore, ce qui implique de poser la question sur la table pour ouvrir la discussion.
  3. Définir ce qui est en feu vert : ce qui est validé d’office.

Je propose aussi de définir les méthodes d’évaluation des outils et des process. J’aime bien la méthodologie des 3 U :

  • Est-ce que c’est utile ?
  • Est-ce que c’est utilisable ?
  • Est-ce que c’est utilisé ?

Une fois qu’on a mille feux verts, il y a un côté boulimique à vouloir utiliser l’IA partout, parfois pour des choses pas efficaces qu’on aurait faites plus vite nous-mêmes. Si on répond à ces trois critères, on a le go pour mettre en place ce process avec l’IA.

Xavier Degraux : Bien réfléchir à nos intentions, à leur impact potentiel. Ça peut être un travail collectif, le bon sens d’une petite discussion aide à formaliser. Tu as bientôt une masterclass ? Rassure-moi.

Anaïs Baumgarten : Oui, c’est ça. Le 11 septembre, masterclass « Marketing et IA responsable », où l’on va parler en détail de cette charte IA interne. Je vais donner dix autres actions à mener en marketing ou solopreneur pour utiliser l’IA de manière responsable et réfléchie.

Xavier Degraux : Comment est-ce qu’on peut te contacter, Anaïs ? Pour s’inscrire, prolonger la discussion ou s’abonner à ta newsletter ?

Anaïs Baumgarten : La newsletter est disponible sur Substack, elle s’appelle Slow Marketing. Le podcast s’appelle aussi Slow Marketing. Je réponds à tous les e-mails. Je suis joignable sur LinkedIn, mais je suis plus réactive par e-mail que par message privé LinkedIn. La masterclass est en ligne sur Luma : « Masterclass Marketing et IA responsable, Slow Marketing ».

Xavier Degraux : Merci beaucoup Anaïs pour l’échange, plein de bonnes choses dans cette nouvelle saison et bravo pour tout ce que tu fais.

Anaïs Baumgarten : Merci pour cette discussion, Xavier.

Xavier Degraux ► Consultant & formateur LinkedIn™ · Prise de parole et réputation des organisations et de leurs dirigeant.es · Employee advocacy ► +500 organisations accompagnées depuis 2013 ► 10 ans journaliste éco (L’Echo, Trends)

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