Comment les Belges s’informent-ils ? Via quels canaux : presse écrite, TV, radio, internet, messageries, réseaux sociaux ? Via quels médias ? Souscrivent-ils aux abonnements en ligne que tentent de leur vendre les principaux éditeurs de presse écrite ? Font-ils confiance aux médias et aux journalistes ? La consommation d’information diffère-t-elle du côté francophone ?

La dernière étude de l’Institut Reuters, sortie le 12 juin 2019, permet de répondre à ces questions (et à bien d’autres), grâce à un sondage mené auprès de 75.000 personnes dans 38 pays, dont la Belgique. L’étude complète des chercheurs adossés à l’Université d’Oxford est disponible gratuitement en ligne. On vous en a extrait les statistiques liées à la consommation d’information en Belgique…

Internet recule un peu… Et la TV regagne du terrain

Dans le haut du classement des sources d’information privilégiées par les Belges, la tendance observée en 2018 se confirme en 2019. Si on y intègre les réseaux sociaux, Internet perd légèrement du terrain, à 79%, alors que la TV reprend un point, à 71% (contre 75% en 2016).

À des niveaux de consommation beaucoup plus faibles, les réseaux sociaux (seuls, cette fois) reculent à 40%, contre 41% en 2018. Et la presse écrite stagne à 39%, alors qu’elle était encore à 45% il y a 3 ans.

On notera en passant que ces statistiques ne donnent aucune indication sur le temps de consommation moyen via ces sources d’information… et que, fait étrange, la radio est complètement absente du tableau présenté par le Reuters Institute.

C’est d’autant plus étrange qu’au classement des médias traditionnels les plus mentionnés par les Belges comme sources d’information se retrouvent plusieurs radios, y compris côté francophone (RTBf, Bel-RTL, Contact).

En ligne, RTL est encore en tête

En ligne, le classement est différent. RTL Info, qui a pourtant connu une année 2018 compliquée en termes de ressources humaines, reste en tête, devant la RTBf et la DH.

Les autres médias en ligne ne conservent pas tous leur rang. En comparaison avec la version précédente de l’étude, on épinglera surtout le recul de L’Avenir. Toujours incertain sur le sort que lui réserve le groupe Nethys, le site perd pas mal de plumes, en passant de la 3ème à la 6ème place.

Facebook en hausse !!!

Alors que l’algorithme qui dicte les fils d’activités sur Facebook ne favorise plus les médias depuis janvier 2018, le réseau social fondé et dirigé par Mark Zuckercberg, pourtant en recul au niveau des usages, est plus que jamais mentionné comme source d’infos par les Belges ! 42% disent s’en servir pour s’informer, soit 3 points de plus que l’an dernier.

C’est bien simple : parmi les réseaux sociaux et les messageries, Facebook est presque 3 fois plus cité que YouTube (?!). Les suivants, Messenger, Whatsapp et Instagram, appartiennent tous au groupe Facebook. Où est passé Twitter ? Il est stable, mais bon dernier, avec 4%.

Smartphone et ordinateur au coude-à-coude

Pour s’informer en ligne, les Belges passent plus que jamais par leurs smartphones (54%, contre 39% en 2016). Le bon vieil ordinateur est cependant toujours en tête des terminaux utilisés pour consommer des médias d’information, malgré un déclin de 11 points en 4 ans (de 70 à 59%). Quant à la tablette, elle reste à des niveaux relativement élevés quand il s’agit de s’informer, à 20%, alors que sa part dans le trafic internet global se situe désormais sous la barre des 10%.

Les Belges de moins en moins prêts à payer

11% des Belges paient pour s’informer en ligne

Alors que la circulation de leurs éditions papier continuent à s’éroder, les éditeurs de presse écrite ont toutes les peines du monde à convaincre les consommateurs d’information à souscrire à leurs abonnements digitaux. Seuls 11% des Belges se disent prêts payer pour s’informer en ligne.

Les plus optimistes diront que 11%, c’est exactement comme dans les 37 autres pays sondés. Et que cette faible propension à passer à l’achat n’empêche pas les chiffres absolus d’abonnements de grimper.

Les plus pessimistes, eux, signaleront que 11%, c’est plafond de ventes potentielles très bas. Et sans perspectives, puisque c’était déjà la moyenne relevée par cette étude… il y a 6 ans. Ils relèveront aussi qu’en Belgique, il y a 12 mois, les résidents étaient encore 14% se disant prêts à passer à la caisse pour accéder aux meilleures infos en ligne (-3 points).

Quoi qu’il en soit, 11%, c’est certainement beaucoup trop faible aux yeux des éditeurs les plus réalistes, qui peinent toujours à trouver un modèle économique, alors que beaucoup d’entre-eux limitent de plus en plus la lecture de leurs contenus jusque-là (très partiellement) financés par la pub, en pariant sur la frustration de leurs prospects face au blocage d’articles à peine entamés.

Chute de confiance

Si les Belges ne sont pas prêts à payer pour s’informer en ligne, ils ont toujours confiance dans leurs médias d’information, surtout en Flandre. C’est historique. Et c’est toujours le cas cette année, avec 49% de perception favorable (41% côté francophone; 55% au Nord du pays), ce qui classe la Belgique en 7ème position du classement établi par le Reuters Institute (sur 38 pays).

Mais, à regarder les précédentes éditions de l’étude, on notera que la confiance des Belges à l’égard de l’information est en chute libre, de 4 points en un an… après avoir gagné 5 points l’an dernier.

Phénomène passager ou tendance lourde, tous les acteurs ne subissent pas cette chute de confiance de la même façon. Les médias de service public, RTBf côté francophone, VRT côté néerlandophone, par exemple, tirent très bien leur épingle du jeu…

Les podcasts cartonnent en Belgique francophone

Enfin, on retiendra de cette étude toujours aussi foisonnante que les Belges francophones adorent consommer des podcasts. 30% s’informent ou se divertissent par ce biais au moins une fois par mois. Du côté néerlandophone, ils sont « à peine » 16%.

Xavier Degraux

Xavier Degraux portrait

Xavier Degraux est consultant et formateur en marketing de contenu et en réseaux sociaux. Ex-journaliste économique, il veille et partage sa veille sur Twitter et Linkedin.

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