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Comment les Belges s’informent-ils ? Les chiffres-clés (étude Oxford)

Tuons le suspense tout de suite : d’après le très intéressant « Digital News Report 2016 » que vient de publier le Reuters Institute for the study of journalism(Université d’Oxford), les Belges s’informent encore de manière… « traditionnelle ». La preuve en quelques chiffres-clés.

Des médias sociaux encore minoritaires

  • 46% des 2.018 Belges sondés par le Reuters Institute déclarent s’informer entre autres via les médias sociaux, Facebook très très largement en tête. Si la radio et la presse écrite se situent au même niveau, à respectivement 46 et 45%, la TV reste loin devant (75%).
  • La moyenne des 26 pays étudiés par le Reuters Institute (50.000 personnes interrogées), notamment tirée par le Brésil et la plupart des pays européens du Sud, se situe à 51%, donc 5 points plus haut que la Belgique.
  • Quoi qu’il en soit, au total, les sources d’infos en ligne, médias sociaux compris, sont désormais les sources les plus citées par les Belges, tip top dans la moyenne des 26 pays étudiés (82%).

  • Chez les seuls 18-24 ans, souvent perçus comme des pionniers, Facebook est une source d’infos pour 61% des Belges, loin devant YouTube (10%), Twitter (6%) et Whatsapp (4%). Au niveau mondial, c’est même la source principale pour 28% d’entre-eux !
  • C’est que le critère de l’âge est très déterminant. En fait, plus de la moitié des Belges de moins de 35 ans déclarent s’informer via Facebook. Et la tendance est encore un peu plus marquée du côté francophone, et du côté féminin.

L’ordinateur résiste aux smartphones

En Belgique comme ailleurs, la consommation d’infos se déplace des traditionnels ordinateurs vers les mobiles, en particulier les smartphones. Mais plus lentement qu’ailleurs, sans qu’il ne s’agisse encore d’un usage majoritaire…

  • Le bon vieil ordinateur résiste davantage en Belgique qu’au niveau global : 70% des sondés le citent comme terminal de consommation de news (contre 65% en moyenne dans l’étude).
  • Pendant que la conso d’infos sur tablette s’est stabilisée (23%), le smartphone est devenu le terminal majoritaire (53%)… En Belgique, on n’y est pas (encore), avec 39% d’utilisateurs selon l’étude. Sauf, une fois encore, à ne concentrer son regard que sur les jeunes Belges, puisque 59% des 18-24 ans disent s’informer via leur smartphone, soit autant que via leur ordi.


Des médias historiques en tête

  • La Belgique, qui n’a pas vu débarquer de gros « pure players » (Mediapart, Huffington Post…), sans doute à cause de l’étroitesse de son territoire et de sa complexité culturelle et linguistique, reste une terre de marques médias « historiques », télés en tête, du moins côté francophone (Het Laatste Nieuws et Het Nieuwsblad cartonnent en ligne côté flamand).
  • En ligne, RTL et RTBf sont cités comme sources à respectivement 47 et 40%. Hors ligne (TV, radio), le duo reste « à l’ancienne », le service public (68%) devançant toujours RTL (60%).


 

Des consommateurs plutôt passifs

  • Comme dans deux tiers des pays sondés, les consommateurs belges d’infos sont plutôt passifs (55%). La proportion de consommateurs qui réagissent aux infos est de 21%. Quant aux proactifs, qui n’attendent pas la permission pour prendre la parole et participer aux débats, ils ne sont pas plus de 25%, deux fois moins que dans le berceau de la démocratie par exemple.

Les Belges pas encore très vidéo…

  • En comparaison toujours, les Belges affirment spontanément consommer peu de news en vidéo (22% sur la dernière semaine), moins que les Canadiens (32%) ou les Turcs (28%). 
  • Cela dit, globalement, dans la course aux formats informationnels, force est de constater que la vidéo explose moins vite qu’attendu, en occupant toujours la troisième place du podium des formats cités, derrière les articles et les agrégations de titres.

…Ni très dépensiers

12% des Belges sondés ont déclaré avoir payé au moins une fois, au cours des 12 derniers mois, pour obtenir de l’info en ligne. En moyenne, ceux-ci ont dépensé 39 livres sterling (49 EUR) au cours de l’année écoulée, majoritairement en souscrivant à un abonnement. On verra dans un an si, comme ailleurs, la tendance est ou non à la baisse; beaucoup d’éditeurs anglo-saxons, souvent copiés en Belgique, ayant renoncé ces derniers mois à différentes formules payantes, en particulier les paywalls, ces systèmes qui vous empêchent de consulter tout ou partie d’un site, par exemple après la consommation de quelques articles.

  • Cette faible proportion de Belges prêts à payer pour s’informer en ligne ne rassurera pas les éditeurs, qui peinent à trouver un modèle économique. D’autant qu’en même temps, comme le montre cette carte, un petit quart des Belges sondés utilisent un ad blocker.
  • Et chez les 18-24 ans, ils sont (déjà) 46%, en Belgique toujours, à bloquer les pubs…

Confiance plutôt élevée

  • Pourtant, la confiance des Belges dans l’info et dans les pros qui la fabriquent reste plus élevée que la moyenne mondiale, d’environ 10 points; Y compris dans les segments de marché les plus jeunes !

     

 

Tra-di-tion-nel

En résumé, comme tente de l’illustrer l’un des graphiques de cette étude passionnante, le consommateur belge d’infos est plutôt (très) « traditionnel », loin du Grec, du Suédois ou du Norvégien, considérés, eux, comme des consommateurs d’infos « digitaux ».

Ce que l’étude entend par « traditionnel » ? Plutôt âgé, féminin, peu éduqué et confiant dans la qualité des infos, conclut en substance le rapport, qui classe la Belgique de l’info juste derrière l’Allemagne, la France et l’Autriche.

Xavier Degraux (@xdegraux)

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Comme j’ai passé pas mal de temps à extraire les données et à les comparer, cela me ferait très plaisir d’avoir votre feedback 😉
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Xavier Degraux
Consultant, formateur et conférencier en médias sociaux et en marketing de contenu, Xavier Degraux accompagne des entreprises, des institutions, des marques et des personnalités dans leurs développements numériques.

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